Je m’appelle Aïmée. Et je vis avec des légendes dans les poches
Je m’appelle Aïmée.
Et j’ai mis un pied dans la culture celte un peu comme on glisse les doigts dans un vieux pull en laine rêche : sans vraiment savoir pourquoi… mais en sentant que ça réchauffe.
Petite, je ne faisais pas la différence entre un dolmen et une cabane à oiseaux. Je trouvais des pierres trouées que je gardais dans mes poches « au cas où ». Et j’écoutais mon grand-père me parler des lutins de la lande avec cette voix mi-sérieuse, mi-fatiguée… comme s’il les connaissait vraiment. Peut-être qu’il les connaissait, après tout.
Aujourd’hui, je suis rédactrice en chef de Comptoir Celte.
Mais je n’ai pas commencé là.
Des mots, partout. Tout le temps.
Avant les légendes, il y avait les mots.
Je les ai aimés avant même de savoir les écrire.
Je faisais parler les objets (le grille-pain, le gant de vaisselle, même la vis de la poignée de porte). Ça me semblait normal. Une vis a forcément une histoire. Surtout si elle rouille.
Je me suis glissée dans les lettres comme on entre dans une forêt inconnue, avec la trouille… et cette excitation dingue, presque animale. Une envie d’aller plus loin.
Les études ? Classiques. Lettres modernes. Un détour par l’histoire. Un crochet par l’édition.
Mais surtout… des lectures jusqu’à pas d’heure, des bouquins qui traînent partout (sous l’oreiller, dans le sac de courses, à côté du shampoing). Des légendes bretonnes, des chansons en gaélique, des manuscrits poussiéreux qu’on ouvre comme des coffres.
Et des silences. Beaucoup de silences.
Parce qu’écouter, ça prend du temps. Et ça laisse passer les voix anciennes.
Pourquoi le celte ? Pourquoi maintenant ?
Franchement ? Je ne sais pas.
C’est venu comme un chant très lointain. Un truc qu’on n’entend pas avec les oreilles.
Un appel qui ne dit pas son nom.
C’est là depuis longtemps, je crois. Juste… ça attendait son heure.
Il y a quelque chose d’incroyablement vivant dans la culture celte.
Un mélange de feu et de pluie. De rires et de deuils.
Une mémoire qui ne s’écrit pas toujours, mais qui circule. Par la peau. Par les gestes. Par la musique.
Et puis il y a la magie. Celle qui ne fait pas de bruit.
Celle qui transforme un caillou en talisman.
Un nom en destin. Une forêt en labyrinthe.
Comptoir Celte, c’est un peu tout ça. C’est un refuge, une passerelle, une taverne imaginaire où chacun vient poser sa pierre.
Et moi, je tiens la plume. Je remue les cendres. Je fais en sorte que la flamme reste allumée.
Ce que je fais au quotidien ?
Je cherche. Je fouille. Je recolle les morceaux.
Un mythe oublié au fond d’un livre. Un symbole gravé dans un vieux bijou. Une chanson qu’on chantait avant la moisson.
Je parle à des chercheurs en anthropologie, à des mamies galloises, à des musiciens irlandais qui connaissent par cœur les chants funéraires du XVIIIe siècle.
Et j’écris. Tous les jours. Parfois tôt. Parfois tard.
Parfois en râlant (oui, même les druides perdent patience devant une virgule mal placée).
Mais toujours avec cette idée en tête : la légende ne meurt que si on l’oublie.
Une culture qui n’a rien de figé
On croit parfois que la culture celte est une vitrine poussiéreuse.
Un musée figé. Des pierres, des cornemuses, des machins verts fluo vendus dans les boutiques de souvenirs.
Mais non.
La culture celte, c’est du mouvement.
Un tourbillon.
Elle s’invente tous les jours. Dans la littérature, dans les tatouages, dans les musiques électroniques, dans les rituels de pleine lune, dans les luttes écologiques.
Et j’adore ça.
J’adore ce frottement entre l’ancien et le brûlant du présent.
Entre la spirale gravée sur une pierre du néolithique… et le compte Insta d’une harpiste queer d’Édimbourg.
Ce que je défends à travers Comptoir Celte
Je défends une culture incarnée.
Pas celle des experts qui parlent au-dessus de tout le monde.
Mais celle qu’on peut sentir. Goûter. Porter sur soi.
Le choc du cidre brut sur la langue.
L’odeur des genêts mouillés au petit matin.
Le froissement d’un tartan contre la peau nue.
Le rire grinçant des vieilles qui lisent l’avenir dans les feuilles de thé.
Je veux que chaque article soit une porte.
Ou une pierre qu’on soulève.
Et si on y trouve un ver, un souvenir, un petit bout d’ombre… tant mieux.
Ça prouve que la terre est vivante.
Et puis, au fond, je crois que tout le monde a un bout de celte en soi
Même si on ne connaît pas ses racines. Même si on vient d’ailleurs.
Le celte, ce n’est pas une identité figée. C’est un appel d’air.
Une manière d’habiter le monde.
De parler aux arbres, parfois.
D’écouter les silences. De se méfier des chemins trop droits.
De croire que les morts ne sont pas si loin.
Et que certains rêves méritent qu’on leur parle à voix basse.
Le style Comptoir Celte ?
Insolent, parfois.
Sérieux, quand il faut.
Poétique, souvent sans le vouloir.
On rit, on doute, on creuse.
On ne survole pas. On descend dans les galeries.
Vous trouverez sur le site des dossiers profonds (oui, vraiment profonds), des récits, des interviews, des objets mystérieux, des sortilèges qui tiennent dans la main, des playlists à écouter quand il pleut. Et puis, de temps en temps… une phrase qui vous reste coincée dans la gorge. Ça arrive. C’est fait pour.
Dernière chose (et elle compte)
Je ne suis pas là pour vendre du rêve.
Mais pour faire entendre ce qui murmure. Ce qui survit.
Je tends l’oreille aux récits oubliés, aux chants en voie d’extinction, aux gestes discrets.
Et si vous êtes encore en train de lire ces lignes, c’est peut-être que vous les entendez aussi, non ?
Ces froissements d’histoires anciennes. Ces ombres sur la lande. Ces prénoms qui brillent dans le noir.
Alors voilà : installez-vous. Commandez un thé. Fouillez les archives.
Comptoir Celte est à vous autant qu’à moi.
Email : aimeecomptoircelte@gmail.com